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Interreligious and Intercultural Dialogue Congress, Bilbao-2005

BKA Team
NOUVEAUX DÉFIS DANS UN MONDE EN QUÊTE DE PAIX

Encouragés par les nombreux débats/interventions au cours du congrès et des séminaires tenus à l’issue du congrès, et conscients des motifs qui nous ont poussés à organiser cet événement, nous les organisateurs, nous voulons attirer l’attention sur certains éléments clés qui, précisés pendant les travaux du congrès, doivent guider les décisions et options concrètes liées à l’interaction entre les différentes cultures et religions qui vont jouer un rôle prépondérant dans notre avenir commun.

  1. La souffrance est inévitable dans toute vie humaine ; cependant, la souffrance dans notre monde causée par les inégalités sociales et les structures injustes n’est pas inévitable. Si les victimes des inégalités ne sont pas reconnues et si l’on ne répond pas à l’injustice dont ces victimes font l’objet, il y a très peu d’espoir que leur lutte inévitable contre cette injustice puisse être guidée par le désir de paix. Étant donné la riche diversité des religions et des cultures aux quatre coins du monde, les moyens pour répondre pacifiquement à ces problèmes semblent nombreux. Or, en réalité, cette diversité est bien souvent à l’origine de leur aggravation.
  2. La diversité des cultures et des religions ne se définit plus principalement par les frontières des États. Les structures changeantes de la société actuelle, en particulier dans les grands centres urbains du monde, diffusent cette diversité de plus en plus largement. La nature de l’économie mondiale, qui a entraîné une hausse significative des mouvements migratoires, a contraint des personnes de différentes cultures et religions à vivre proches les unes des autres. Cette situation a souvent impliqué des tensions et des conflits dus au fait que chaque groupe essaie de préserver son identité face à l’« autre ». Bien souvent, ces tentatives pour préserver son identité propre se font au détriment des droits et des identités propres aux autres groupes.
  3. Même s’il faut reconnaître que, d’une part, la diversité suscite la peur de perdre non seulement l’identité mais aussi le sens de la communauté et, d’autre part, qu’elle semble menacer les croyances et les visions de la vie propres à chacun, nous savons tous par expérience que la diversité en soi est un fait essentiel de l’existence et une condition indispensable pour l’amélioration de la vie humaine.
  4. Il ne suffit pas de trouver une façon de coexister en pratiquant la tolérance mutuelle dans une société multiculturelle et multireligieuse. Si les différences qui divisent se transforment en ghettos fortifiés, la paix résultante sera toujours fragile et menacée par le danger de voir se manifester avec plus ou moins de virulence des hostilités qui, bien que normalement inexprimées, sont solidement établies.
  5. Une base commune universelle s’avère indispensable pour répondre aux questions éthiques que le monde actuel pose. Mais pour être vraiment universelle, elle doit refléter la diversité des peuples à servir dans sa fonction de base commune, sans supposer simplement qu’elle doit les transcender. La seule façon de l’assurer est de garantir l’existence d’un forum d’expression pour les différentes voix. C’est l’esprit dans lequel les différentes cultures et religions doivent se réunir pour dialoguer.
  6. Comme un tel dialogue est une nécessité pour obtenir pacifiquement un nouvel ordre social et pas seulement un luxe pour une poignée de spécialistes, il est vital de le développer à tous les niveaux de la société et sous toutes les formes nécessaires.
  7. Cependant, dans la mesure où le dialogue traduit la diversité de la société dans laquelle il se noue, il est naturel que les déséquilibres et préjudices qui le rendent nécessaire se manifestent au cours de son développement. C’est pourquoi, il doit être accompagné d’un doute raisonnable au sujet de ses motifs, de ses objectifs et de ses règles.
  8. En même temps, l’appel au dialogue ne doit pas se limiter aux occasions où il faut trouver une solution aux problèmes ponctuels qui se présentent dans la société. Si le dialogue conduit à un changement des cœurs qui se concrétise par un changement de vie, alors il pourra contribuer à l’établissement d’une base commune sur laquelle toutes les parties pourront construire un avenir pour tous.
  9. Le mouvement actuel vers des sociétés réellement interculturelles et interreligieuses doit par conséquent être adopté et encouragé. La responsabilité de maintenir cet esprit malgré toutes les difficultés incombe en particulier aux éducateurs, aux nombreuses organisations de la société civile et aux chefs religieux. La tâche de le traduire par des réformes concrètes et structurelles incombe principalement, sans exclure les acteurs sociaux précédents, aux personnes à qui la gestion des institutions de nos sociétés a été confiée. Mais surtout, les fruits du dialogue entre cultures et religions naissent de la transformation des habitudes de la vie quotidienne.

Bilbao, le 17 décembre 2005


Barandiaran Kristau Alkartea – Pax Romana (International Catholic Movement for Intellectual and Cultural Affairs)
UNESCO Etxea

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